Copropriété · France

Règlement de copropriété : contenu et modification

Publié le 21 juin 2026 · Temps de lecture : 8 min

Résumé : Le règlement de copropriété est la charte commune de l'immeuble, obligatoire dans toute copropriété (loi du 10 juillet 1965 et décret du 17 mars 1967). Il définit la destination de l'immeuble, les droits et obligations de chacun, et ne peut être modifié que par un vote en assemblée générale, à une majorité qui dépend de l'enjeu.

Qu'est-ce que le règlement de copropriété ?

C'est un document écrit et obligatoire, publié au service de la publicité foncière, qui s'impose à tous — copropriétaires comme locataires. Il fixe les règles juridiques, organisationnelles et pratiques de la vie de l'immeuble et définit notamment :

L'État Descriptif de Division (EDD)

Le règlement inclut presque toujours un État Descriptif de Division, document technique à valeur juridique et cadastrale. Il attribue un numéro unique à chaque lot, décrit sa consistance (surface, étage, annexes) et fixe les tantièmes (ou millièmes) qui servent à répartir droits de vote et charges. Depuis 2020, ses informations alimentent le registre national des copropriétés (RNCP) géré par l'ANAH.

Qui rédige le règlement de copropriété ?

Document contractuel, il est le plus souvent rédigé par un notaire, qui garantit la sécurité juridique, la conformité à la loi et l'opposabilité après publication, et coordonne l'EDD. D'autres professionnels peuvent intervenir :

Quelle est sa valeur juridique ?

Le règlement est un acte contractuel opposable à tous après publication au service de la publicité foncière : c'est la « loi interne » de la copropriété. Ses clauses doivent être conformes aux règles impératives de la loi de 1965 et du décret de 1967, et respecter l'ordre public. Toute clause contraire à la loi, abusive ou discriminatoire est réputée non écrite — donc inapplicable. Depuis la loi ELAN (2018) et les ordonnances de 2019, les règlements anciens sont peu à peu « épurés » de leurs clauses illégales.

Le règlement ne peut imposer aucune restriction aux droits des copropriétaires en dehors de ce qui est justifié par la destination de l'immeuble, ses caractères ou sa situation : il organise la liberté de jouissance, il ne la supprime pas.

Sanctions en cas de non-respect

Depuis la réforme de la procédure civile de 2020, certains litiges de copropriété passent par une médiation obligatoire avant tout procès.

Que doit contenir le règlement ?

Destination de l'immeuble et des lots

Le règlement fixe la destination générale (exclusivement d'habitation, mixte, résidence services/étudiante/tourisme…) et celle de chaque lot (appartement, local pro, commerce, cave, parking), ce qui conditionne les usages possibles.

Parties communes et privatives

Il énumère parties communes et privatives et distingue, le cas échéant, les parties communes générales (hall, escaliers, toiture, ascenseur, chaufferie), les parties communes spéciales (réservées à certains lots), et les parties communes à jouissance privative (terrasse, stationnement). Cette distinction détermine qui entretient et finance chaque partie.

Charges de copropriété

Il fixe les quotes-parts de chaque lot (votes en AG + répartition des charges). La loi SRU impose d'indiquer la méthode de calcul. Les règlements doivent distinguer les charges générales (réparties selon l'utilité objective) des charges spéciales (selon les services dont chaque lot bénéficie).

Règles de vie commune et activités

Horaires de travaux bruyants, usage des balcons (barbecue, linge, plantes), stationnement… Le règlement peut aussi restreindre certaines activités commerciales, mais uniquement si la destination de l'immeuble le justifie (il peut interdire un restaurant générant des nuisances, mais pas, de façon générale, un commerce de proximité — sauf immeuble exclusivement d'habitation).

Nouveauté — location saisonnière (loi « Le Meur ») : depuis la loi du 19 novembre 2024, le règlement peut expressément interdire les meublés de tourisme (type Airbnb) pour les lots d'habitation hors résidence principale, sur vote en AG inscrit à l'ordre du jour. Les copropriétés créées après le 21 novembre 2024 doivent indiquer explicitement si la location touristique est autorisée ou interdite.

Où trouver le règlement de copropriété ?

Quand faut-il modifier le règlement ?

Comment le modifier ? Les règles de majorité

Seule l'assemblée générale peut modifier le règlement — jamais un copropriétaire seul. La majorité requise dépend de l'enjeu :

Majorité simple — art. 24

Mise en conformité d'un règlement ancien avec la loi (ex. suppression d'une clause interdisant les animaux domestiques).

Double majorité — art. 26

Parties communes : modifications touchant à la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes (majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix).

Unanimité

Droits fondamentaux : modification des charges ou de la destination de l'immeuble — l'accord de tous les copropriétaires est requis.

La modification n'est opposable aux acquéreurs, locataires et héritiers qu'à compter de sa publication au service de la publicité foncière.

Combien coûte un règlement de copropriété ?

Les honoraires du notaire sont libres (seuls les frais de publicité foncière sont réglementés). Le coût varie selon le nombre de lots et la complexité :

1 500 – 3 000 €

Fourchette estimée (2025) pour la rédaction d'un règlement de petit immeuble (moins de dix lots). Pour une mise en conformité loi ELAN : 800 à 2 000 € (simple) et 2 000 à 5 000 € (lourde), répartis entre copropriétaires selon les tantièmes.

Comment contester le règlement ?

La présence du règlement ne peut pas être contestée (elle découle de la loi), mais certaines de ses clauses oui :

Le juge peut déclarer une clause réputée non écrite ou annuler une modification adoptée irrégulièrement ; le reste du règlement demeure applicable et le syndic doit le mettre à jour.

Questions Fréquentes (FAQ)

Le règlement de copropriété est-il obligatoire ?
Oui, dans tout immeuble soumis au régime de la copropriété (loi du 10 juillet 1965). Il est publié au service de la publicité foncière et s'impose à tous les occupants.

Quelle majorité pour modifier le règlement ?
Majorité simple (art. 24) pour une mise en conformité, double majorité (art. 26, deux tiers des voix) pour les parties communes, et unanimité pour les charges ou la destination de l'immeuble.

Peut-on m'interdire la location Airbnb via le règlement ?
Depuis la loi « Le Meur » du 19 novembre 2024, oui : le règlement peut interdire les meublés de tourisme, sur vote en AG. Les copropriétés créées après le 21 novembre 2024 doivent le préciser.

Une clause me paraît abusive : que faire ?
Une clause illicite est réputée non écrite et contestable sans délai. Privilégiez l'amiable (syndic, AG) avant de saisir le tribunal judiciaire.

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Découvrir l'application

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Il s'inspire d'un article publié par Capital (Léa Boluze). Les règles applicables dépendent de votre situation et des dernières évolutions législatives ; pour toute modification ou contestation, rapprochez-vous de votre syndic, d'un notaire ou d'un avocat.

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